Il y a quelques instants vient de sortir de mon cabinet une jeune femme. Elle est jolie, brillante, a un mari qui semble être fantastique. Sa vie paraît être sur de bons rails. Elle a travaillé pour cela. Elle n’a pas fait de compromis avec l’amour et a bûché durement pour en arriver là où elle en est. Pourtant, elle semble être assez détachée de la vie. Elle me dit ne pas avoir d’envies. En creusant, je vois bien qu’il y en a plein. Elles ne sont pas spectaculaires, ni admirables, elles sont juste là. Elles sont petites mais ont tellement de valeur sans qu’elle ne le sache.

Bien sûr l’éducation joue un grand rôle dans tout cela. Je vois des enfants de 10 ans dans l’entourage de ma fille déjà blasés. Pour d’autres, ce sera le besoin d’avoir toujours plus, sans jamais se contenter de ce qu’ils ont. Quand ils ont des rollers, ils rêvent d’une trottinette. Quand ils ont une trottinette, ils rêvent déjà d’un vélo. Quand ils ont un vélo, ils rêvent d’un hoverboard. Cela s’arrête quand ? Vous connaissez d’ailleurs certainement des adultes avec ces comportements ?

Dans notre cadre familial, nous ne sommes pas des épicuriens vivant avec beaucoup d’excès. Je dirais même que nos valeurs nous amène à l’exact opposé. Il ne s’agit surtout pas de ne pas profiter de la vie, bien au contraire. Il s’agit d’en profiter pleinement mais en conscience. Regarder les oiseaux, le bal d’un papillon, déguster une fraise comme si c’était la première fois, écouter de la musique sans ne rien faire d’autre en même temps, etc.…  Ces choses qui peuvent sembler sans importance sont pour moi comme un met délicat. Nous n’allons pas dans un restaurant gastronomique de n’importe quelle manière, on se prépare pour cela. Ce sera avec certitude un moment hors du temps. Les quantités seront petites mais auront un impact bien plus fort que n’importe quel plat copieux du quotidien qui aura pour seule fonction de nous remplir.

Je le constate tous les jours qu’être en conscience et se contenter de petites choses (ça ne veut surtout pas dire avoir peu d’ambition) est un signe de bonne santé mentale. Cela rend le présent comme un cadeau. Il porte bien son nom ! Et surtout, cela rend très libre. Quand nous avons besoin de beaucoup de matériel, il est nécessaire d’avoir un niveau de vie pour le garantir. Les objets nous apparaissent souvent comme une réponse à des besoins dont nous n’avons pas conscience. Finalement, ils ne sont qu’une compensation. Je crois que je n’ai jamais été aussi fauchée qu’en ce moment. Mais j’ai largement le sourire. Ce n’est pas un sourire menteur, il est totalement honnête. Il y a certaines grimaces plus ou moins importantes par moment comme dans toutes les vies, mais le fond est heureux et serein.  Et cela depuis que j’ai appris à accorder de l’importance à tous ces petits moments de la journée qui sont loin d’être anodins. Par exemple, au moment où j’écris ces lignes, je bois un thé. Et pas n’importe quel thé, celui que je préfère ! Et ça, c’est vraiment chouette. Pour rajouter du plaisir, je le fais en écrivant, une activité que j’aime particulièrement. C’est un moment que je sais apprécier à sa juste valeur.

Vous reconnaissez-vous dans cette manière de vivre ? Je ne le dirais jamais assez, nous sommes un modèle pour nos enfants. Vous aurez beau leur raconter qu’il faut apprendre à se délecter des petites choses, cela n’aura aucun effet si vous ne le partagez pas honnêtement avec  eux. Il y a tout un courant à la mode en ce moment nommé la « slow life ». C’est un bon résumé. Un art en quelque sorte. L’art de prendre son temps, de faire les choses avec conscience et d’apprécier les petites choses. En inculquant cet art à votre enfant, vous lui permettrez d’être plus heureux, car toutes ces choses simples seront toujours là, quoiqu’il arrive.

Imaginez que chaque petite chose prenne une intensité particulière, qu’elle stoppe le temps. Le parfum d’une fleur, un échange, des rires, le soleil sur la peau, un petit mot griffonné par notre enfant… C’est comme cela j’élève ma fille. Elle sait regarder les oiseaux, les arcs-en-ciel, le crépuscule, … Et pourtant, il y a deux jours, après avoir joué toute l’après-midi dans la piscine chez ses copines, dîner chez elles et jouer dans la rue jusqu’à 22h30 (journée de dingue quoi), elle râlait d’être rentrée plus tôt que les autres et de ne pas avoir profité de l’ensemble de la soirée. Quoi ??? Je vous avoue avoir été extrêmement étonnée. Comment cette petite fille à qui on apprend la joie des petites choses peut se sentir défavorisée après une journée comme celle-ci?

Argghh être un modèle ne suffit donc pas ? Visiblement non, mais je dois avouer que je connais peu d’enfant aussi heureux qu’elle ! Qu’ajouter alors à notre éducation pour que notre enfant sache être bien avec ce qu’il a ? Cet article me permet de me poser cette question. Je me demande si finalement il ne s’agit pas seulement d’une exigence inadéquate de ma part. Son cerveau immature ne peut pas encore être plein de sagesse face à une frustration. Il faut que je voie les choses avec lucidité. Sur cette photo, ma fille regarde la Méditerranée.  Mais elle prend le temps de la regarder vraiment. « Regarde maman comme c’est joli les nuages qui se reflètent dans la mer ! ». Finalement, je n’ai pas si mal bossé ! En tant que mère, nous avons beaucoup tendance à culpabiliser. Mais si je me mettais à savourer ce petit bonheur de voir ma fille savourer les petits bonheurs ?

Les enfants qui apprennent tout petit à savourer les petites choses auront beaucoup plus de faciliter à le faire à l’âge adulte. Alors commencez dès maintenant. Vous pouvez même faire une liste des petits bonheurs et l’accrocher dans sa chambre. Soyez heureux !

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