Au sein de mon cabinet, j’ai l’occasion d’observer tout type de comportements et de traits de personnalité. En revanche, je croise rarement des personnes optimistes. Une conclusion hâtive inviterait à penser qu’elles auraient  moins besoin d’être aidées et soutenues.

Il y a pourtant une image à redessiner de l’optimiste.  Il peut être considéré parfois comme naïf ou au pire un benêt pratiquant la pensée magique. S’il s’agit de ça, j’assume complètement faire parti de cette catégorie! Là, où la physique quantique commence à percevoir que notre environnement est une conséquence de notre pensée, les études cliniques ont depuis longtemps intégrées le principe d’effet placebo dans leurs recherches. Sans s’amuser à aller donner un morceau de sucre à votre enfant plutôt qu’un doliprane, vous lui  avez déjà surement  prodigué un bisou magique. Je vais peut-être vous décevoir mais  la magie n’est pas dans le bisou, mais dans le cerveau de votre enfant. Le simple fait de croire que ce bisou ait des vertus soignantes, des endorphines sont sécrétées pour soulager le bobo. Cette forme de suggestion s’applique à tous les domaines de la vie, à commencer par le simple fait de se lever le matin avec le sourire. Certains préfèrent encore penser au pire afin de s’y préparer. A aucun moment ils n’entrevoient que d’une certaine manière, ils se programment pour que le pire arrive. Et d’une autre part, peut-on vraiment être préparé au pire ?

L’optimisme est en quelque sorte un superpouvoir qui permet de dépasser plus facilement les tracas de la vie. Pas besoin d’une cape rouge, ni d’apprendre à voler. Vous pouvez adopter certaines attitudes éducatives qui permettront à votre enfant de le développer dès son plus jeune âge. La science le prouve, les optimistes vivent plus longtemps, alors plus aucunes raisons de douter.

 

 

Encourager son autonomie

 

Vous lacez ses chaussures à sa place ou continuez de le savonner alors qu’il saurait le faire sans vous. Ces petits gestes qui semblent être anodins dans le quotidien auront pourtant pour effet de dévaloriser ses compétences personnelles. Plus un enfant développe le sentiment d’avoir entre ses mains la capacité de résoudre des problématiques, plus il vivra à l’âge adulte une sensation de maîtrise face aux événements qui arrivent. Il dominera la situation.

A l’intérieur, le sentiment de pouvoir se fier à ses capacités le laissera toujours apercevoir le moment où il résout le problème. Au lieu d’être submergé, il pourra tenter des approches. S’il attend que quelqu’un dénoue la situation, il risque autant dans sa vie personnelle que dans sa vie professionnelle de rester figer.

Dans les tâches ménagères, d’hygiène… donner lui des petits rôles à sa portée. Ne sous-estimer jamais son potentiel  et encouragez-le!

 

 

Nourrir sa curiosité

 

L’optimiste est curieux. Avide de nouvelles rencontres ou découvertes, il va de l’avant, lui permettant une vie très riche. Là, où elle a longtemps été cataloguée comme un vilain défaut, il faut rendre ses lettres de noblesse à la curiosité. L’enfant va naturellement s’approcher d’un objet intriguant, le toucher, où même le goûter pour les plus jeunes. Certains vont aller jusqu’à l’étudier en profondeur, tels des scientifiques et disséquer une sauterelle qui passait par là… Évidemment, il s’agit d’épauler notre chercheur en herbe dans son exploration,  il est essentiel de répondre à ses « pourquoi » incessants et de le laisser vivre son désir d’expérience. Plus il résoudra ses énigmes de l’instant, plus il aura confiance dans ses capacités intellectuelles.

Faites lui découvrir de nouveaux livres, de nouveaux lieux,  un musée, un musicien. Développez cet instinct naturel d’exploreur tel Christophe Colomb. Plus il verra l’ampleur des plaisirs potentiels de la vie, plus il aura envie d’aller de l’avant.

 

 

Voir en chaque échec une chance

 

« Le succès, c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme » disait Winston Churchill. Une phrase que nous ferions bien de mettre en œuvre puisque la peur de l’échec semble un mal très français. Pascal Baudry, consultant et ancien psychanalyste fait ce constat en comparant les mères françaises et américaines arrivant au parc. La mère américaine dira à son enfant « amuse-toi bien ! » tandis que la mère française l’avertira « ne t’éloigne pas trop ! ». Et si au cours du jeu, l’enfant tombe, la mère américaine le réconfortera et lui dira « vas-y recommence, tu y arriveras, amuse-toi » alors que la mère française lui rétorquera « Je te l’avais bien dit, tu n’écoutes pas ».

L’explorateur Paul-Emile Victor disait « La seule chose qu’on est sûr de ne pas réussir est celle qu’on ne tente pas. » Alors autant se faire tout de suite au fait de se tromper.

Autorisez-vous vos enfants à se tromper ? Pour faciliter cette notion, il est intéressant de valoriser l’effort plutôt que le résultat. Si votre enfant fait des efforts et progresse dans un domaine, il est pertinent de le valoriser même si le résultat est imparfait.

 

 

Valorisez son sens de l’humour

 

Grâce au courant de la psychologie positive qui s’intéresse au bien-être, l’humour est enfin étudié. Il y a quelques années encore, les psychologues le voyaient d’un mauvais œil, car il était synonyme de mépris ou de moquerie. Aujourd’hui, l’humour est valorisé. En plus de percevoir ses vertus dans la sociabilité, dans la gestion du stress, il est déterminé qu’il est d’une grande aide pour transcender notre condition. Avec de l’humour, nous sommes capables d’extérioriser les tracas, angoisses et autres peurs.

Cela vous est déjà surement arrivé, vendredi soir, semaine chargée et tendue. Il ne vous faut pas grand-chose pour vous mettre en rire. Une blague vaseuse d’un collègue et c’est parti. Le constat est rapide, ces quelques minutes salvatrices vont aérer et stimuler le cerveau.

Thomas Shultz est  professeur de psychologie de l’Université McGill. Il étudie le sens de l’humour chez les enfants. Son conseil pour faciliter développement de ce sens est, « jouez et soyez heureux avec vos enfants et l’humour viendra naturellement… ».

 

 

L’aider à reformuler sa pensée

 

Martin Seligman pionnier de la psychologie positive s’est intéressé à la manière dont un enfant pouvait envisager une situation d’une manière optimiste plutôt que pessimiste. Il a découvert 2 traits de pensée chez les pessimistes.

Premièrement le fait de ramener à soi la cause d’un événement : « c’est parce que je suis nul qu’il m’arrive que des trucs nuls ». A priori, les 2 éléments n’ont rien à voir l’un avec l’autre mais pour certains enfants, cela a du sens. Aider-le à voir les choses avec plus de recul car il est peu probable qu’il soit nul ou bien qu’il ne lui arrive que des choses négatives et vous avez surement un tas d’exemples pour lui prouvez.

Le deuxième trait de pensée est la tendance à généraliser : « A chaque fois que je vais au parc, ça se passe toujours mal,  je tombe à chaque fois. »Il est important, si votre enfant présente cette caractéristique, de l’aider à être plus précis dans ses propos. « A chaque fois, vraiment ? Te rappelles-tu la semaine dernière, quand nous étions au parc avec Eliott, tout s’est bien passé. Est-ce que tu veux dire plutôt que c’est arrivé plusieurs fois ? » Aider-le à être précis dans sa pensée.

Quand il aura pris cette gymnastique de pensée à force de répétition, il verra alors des solutions plus précises à sa portée.

 

 

 

Votre enfant n’est pas un pantin du destin. Il est maître de sa vie d’enfant, puis il sera maître de sa vie d’adulte. Nous sommes beaucoup à l’avoir oublié, laissant émerger l’idée que la fatalité s’acharne sur nous. Toutes les personnes inspirantes dans ce monde sont des optimistes. Elles se relèvent quelque soit la gifle donnée. Elles vont de l’avant, transcendent les pires situations, tentent des expériences. Pour offrir cette chance à votre enfant, commencez dès maintenant à adopter ces 5 attitudes éducatives.

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