J’ai une petite fille de 10 ans dont le nez est toujours fourré dans les livres. Ce qu’elle préfère, c’est en commencer plusieurs en même temps en emmêlant les intrigues. Elle aime aussi les livres à tomes, se laissant porter par le héros ou l’héroïne dont elle s’est approprié complètement l’histoire. Pour elle, les films c’est super sympa, mais les livres c’est succulent. Evidemment, cette passion n’empêche en rien  les sorties en trottinette ou les parties de Lego interminables, ni même la salle de classe simulée dans sa chambre où toutes les copines viennent prendre chacune leur tour le rôle de l’élève ou de la maîtresse.

Souvent, les parents de mon entourage me disent « tu as de la chance ». Mais pourquoi est-ce une chance d’avoir un enfant qui lit? Est-ce vraiment lié à la chance ou bien avons-nous créé cette passion ?

La demoiselle devait avoir environ 4 mois quand elle a eu son premier imagier. Puis la ferme, la plage, la ville, les animaux… sont venus complétés le premier. Elle avait déjà à cet âge une attention particulière pour chacune des petites images. Je lui ai toujours lu beaucoup d’histoires et appris à traiter les livres comme des objets précieux. Aujourd’hui encore, malgré ses 10 ans, mon conjoint ou moi-même sommes « d’histoire » le soir. Nous avons un roman dédié à la lecture partagée parent/enfant. Le plus souvent c’est sur l’auteur Mickaël Morpurgo qu’elle jette son dévolu. Elle lit seule les autres livres et tous les moments sont propices à les ouvrir. Par exemple le matin, avant d’aller à l’école si elle est prête en avance, elle lit quelques pages de « Rose » de Holly Webb et a hâte de connaître la suite. Elle saisit chaque pause pour avancer dans l’intrigue

 

Qu’en disent les scientifiques.

 

Martha Farah et son équipe de l’Université de Pennsylvanie ont démontré que les enfants disposant de jouets éducatifs et de livres à l’âge de 4 ans avaient un cortex cérébral plus fin. L’étude a suivi 64 enfants de leur naissance à la fin de leur adolescence. Les chercheurs ont visité chacun de ces enfants à l’âge de 4 ans puis à l’âge de 8 ans en observant leur contexte de vie, l’affection reçue, les stimulations et la quantité de livres et de jouets à disposition, etc… Les enfants devenus adolescents ont ensuite passé un IRM. Les scientifiques ont remarqué une corrélation entre l’épaisseur du cortex et le nombre de stimulations des enfants à 4 ans. Plus l’enfant a lu et joué, plus il présente un désépaississement des deux zones du cortex cérébral, zones liées aux tâches visuelles complexes telle que la lecture. D’une manière étonnante, d’autres facteurs, comme l’intelligence de la mère ou son affection pour son enfant n’ont eu, semble-t-il, aucun effet sur l’épaisseur corticale.

Selon les chercheurs, la finesse du cortex cérébral appartiendrait à la régression ou la disparition de circuits cérébraux beaucoup moins sollicités (a priori moins utiles), suite à la stimulation des circuits neuronaux et synaptiques dédiées à des tâches cognitives. Un ménage de printemps de la couche corticale, en somme. Ainsi débarrassée des éléments inutiles, l’information va droit au but !

 

Les bienfaits de la lecture

 Elle enrichirait  le vocabulaire

Plus votre enfant lit, plus il se confronte à de nouveaux mots qu’il ne rencontrerait pas dans son quotidien. Il les voit dans un contexte particulier, permettant d’en comprendre spécifiquement le sens. Dans son élocution, il pourra introduire tous ces mots avec une réelle compréhension. Plus son vocabulaire est riche, plus il va pouvoir manipuler les mots pour avoir une prise sur son environnement. Il va pouvoir faire comprendre d’une manière plus précise ce qu’il ressent mais également mieux comprendre l’autre. J’ai toujours dit à ma fille « Celui qui tape, c’est celui qui n’a plus de mots pour dire ce qu’il ressent ».

Une étude menée par l’Université de Berkeley en Californie estime même que la littérature jeunesse expose les enfants à 50% de mots en plus qu’une émission de télévision.

Elle activerait le cerveau

Une étude scientifique réalisée à l’Hôpital pour enfants de Cincinnati a observé au moyen d’un IRM les zones de cerveaux d’enfants de 3 à 5 ans qui s’activent pendant la lecture à haute voix. Voici le constat effectuée: les zones stimulées sont les mêmes que celles d’un enfant plus âgé lisant seul puisqu’elles traitent le sens des mots.

Chacun des enfants de cette expérience ne savaient pas lire. Une différence notable a été cependant faite entre les enfants recevant une lecture à voix haute régulièrement et ceux ne bénéficiant pas de ce rituel. Le cerveau des premiers semblent plus actifs.

Comme un muscle, le cerveau a besoin d’être sollicité pour garder toutes ses compétences.

 

Elle boosterait la mémoire

Quand ma fille était plus petite, elle était incapable en rentrant de l’école le soir de se souvenir de ce qu’elle avait fait pendant sa journée. Par contre, elle se souvenait parfaitement de l’intrigue de l’histoire de la veille.

A un jeune âge, se souvenir des personnages, des lieux, du contexte, des actions, cela fait beaucoup d’informations.  En lisant des histoires à votre enfant, vous lui apprenez à stocker les informations, c’est-à-dire à les emmagasiner puis les classer (les encoder, les trier, les associer, utiliser les images mentales, etc.) A chaque fois de nouvelles liaisons se créent entre certains neurones ou se modifient.

Chaque information supplémentaire à mémoriser est comme une séance de musculation de son cerveau.

 

Elle optimiserait l’attention et la concentration

Pour un tout-petit, tout élément de l’environnement semble nouveau et attire son attention. Les jeux durent rarement plus de quelques minutes avant que quelque chose de plus attirant ne l’emmène ailleurs. Finalement, c’est assez semblable chez l’adulte. Au bureau par exemple, nous voguons d’un mail à un coup de téléphone, d’un dossier à un autre, des réseaux sociaux à une conversation avec un collègue.

Avez-vous l’opportunité de laisser votre esprit vagabonder quand vous suivez le cours de l’histoire de votre roman ? Pour votre petit, c’est la même chose. Pour capter l’intrigue, les émotions du personnage, le contexte, toute son attention et sa concentration sont focalisées. C’est un superbe entraînement pour son avenir !

 

Elle diminuerait le stress

Une étude a été menée par l’Université de Sussex en Angleterre. Il a été mis en avant que la lecture est le moyen de surmonter le stress le plus efficace battant les anciens favoris comme l’écoute de la musique, le goût d’une tasse de thé et même la marche. Mesurée en évaluant le rythme cardiaque et la tension musculaire, les participants à l’étude ont pris six minutes seulement pour se détendre après avoir commencé à tourner des pages. Selon le neuropsychologue David Lewis : « Se perdre dans un livre est la relaxation ultime. Peu importe le livre que vous choisissez, en vous laissant absorber par lui, vous échappez à vos soucis et au monde réel qui peut être source de stress ».

 

 

 

Comment lui donner le goût de la lecture ?

Mettre en place un rituel lecture le soir

Il est l’heure de se coucher, votre enfant se délecte déjà de l’histoire que vous allez lui lire ce soir. Parfois, vous aurez peut-être moins de temps à y consacrer. Ce n’est pas grave, faîtes court. Mais lisez une histoire quand même. Plus ce sera régulier, plus la lecture fera parti de sa vie. Il y a des chances même que cela devienne sa madeleine de Proust.

Quand j’étais petite, je lisais toute seule dans mon lit, ça n’avait clairement pas la même saveur qu’une histoire partagée.

 

Laissez-le choisir ses histoires

Pour qu’il accroche vraiment, le mieux c’est encore de le laisser choisir son livre chaque soir. Certains choisiront peut-être de lire une BD, ou d’autres des mangas. Peu importe, tant qu’ils ont le réflexe de sortir un livre.

Garder absolument tout jugement sur ses choix pour vous. Si vous avez le budget, vous pouvez l’abonner un magazine mensuel ou hebdomadaire. Il y a petit côté magique en plus de recevoir un courrier à son nom dans la boîte aux lettres.

 

Ne l’obligez pas s’il n’en a pas envie

A certains moments, il n’en aura peut-être pas envie. La meilleure façon de le dégoûter et de l’y forcer. Je me souviens encore des endives au jambon… Bref, elles resteront mes ennemis pour la vie ! Cherchez à l’intéresser sur des sujets qui lui plaisent. S’il est féru de football, acheter lui un livre parlant  de son sportif préféré. Mais si même cela ne lui donne pas envie, laissez-le tranquille. Mais secrètement, n’abandonnez pas ! Mettez-vous à lire seul(e) dès que vous avez un moment. Le moyen le plus direct d’appendre pour un enfant, c’est le mimétisme.

 

La rendre vivante

Nous sommes nombreux à avoir eu en tant qu’élève des professeurs tellement ennuyeux que nous partions toujours dans nos pensées. Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué comme ces moments distordent le temps, laissant une minute paraître des heures ? Puis, au contraire, d’autres qui nous amenaient à découvrir une joie d’aller en cours et même, pourquoi pas, un goût qui se développe pour une matière détesté jusqu’alors. Le secret de ces derniers ? La passion ! La vie ! L’art de nous embarquer dans la magie des équations ou de la conjugaison. Demandez-vous à quel point vous communiquer de l’enthousiasme dans la lecture ? Jouez avec votre voix, mettez le ton et le tour est dans le sac !

 

 

 

Quelque soit le livre que votre enfant choisit, les bénéfices retirés sont dans le présent autant que dans le futur. Il existe tellement d’ouvrages. Il y en a  forcément un adapté à lui. Sa lecture va autant le distraire que le construire. Vous pouvez saisir le prétexte du livre pour aborder des sujets sur lesquels ils se posent des questions, ou bien sur des sujets de société. Plaisir peu cher, vous pouvez même vous inscrire à la bibliothèque et avoir gratuitement un nouveau livre chaque semaine. Notre truc à nous, avec la quantité de livres avalés, c’est les vide-greniers ou le bon-coin.

Il n’y a que des bons côtés à la lecture, alors qu’attendez-vous pour offrir son prochain livre à votre enfant ?

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