Autant le dire tout de suite, l’amitié est mise à rude épreuve lorsque les enfants débarquent dans notre vie. Nous sommes vite confronté à l’inévitable, nous n’avons pas la même vision de l’éducation ! Avouez-le, c’est assez difficile de supporter les remarques bien pensantes de quelqu’un qui commente une scène avec notre enfant. L’autre position n’est pas franchement plus évidente. Assister à une attitude éducative qui semble limitante (selon notre point de vue) pour l’enfant ou pire, humiliante, nous fait souvent nous mordre les lèvres.

Je dois le reconnaître, j’ai souvent pris de grandes respirations pour rester zen face à des remarques extérieures.  La spéciale dédicace va à tous ceux qui n’avaient pas encore d’enfants ou n’en ont toujours pas d’ailleurs. Parfois la critique est juste, parfois elle est surréaliste ! Quoi qu’il en soit, ces remarques ne prennent pas en compte nos valeurs, notre histoire, nos peurs, notre fatigue, etc…  Là où les remarques deviennent vraiment blessantes, c’est lorsqu’il y a des doutes sur nos compétences d’éducateurs. Peut-être avez-vous lu une ribambelle d’ouvrages sur l’éducation, ou peut-être lu des dizaines de blogs sur la parentalité. Tout ça ne reste bien entendu que de la théorie. Et comme toute théorie, elle est bien différente de la pratique. Avec la naissance de notre enfant, naît très souvent également un sentiment de culpabilité qui va s’emparer de tous nos faits et gestes. Alors, lorsque quelqu’un arrive et fait une remarque, les doutes reviennent au galop.

N’oublions pas que pour beaucoup d’entre nous, il y a une réciproque. Et oui, vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais il est probable que vous soyez à la source des remarques parfois. Nous pensons bien faire, juste donner un petit conseil. En fonction de la sensibilité de vos amis, l’émotion peut s’avérer forte.

Afin de faire perdurer nos amitiés au-delà de la naissance des enfants, voici quelques astuces à mettre en place :

Des 4 accords toltèques, vous ferez vôtres !

Quésako ? Ce sont en quelque sorte des codes de conduite pour aborder le monde d’une manière plus saine. Piqûre de rappel ou découverte, vous pouvez lire le livre Les quatre accords toltèques : La voie de la liberté personnelle pour optimiser ces conseils. Vous l’aurez deviné, l’auteur Don Miguel Ruiz évoque 4 principes :

Que votre parole soit impeccable. Le pouvoir des mots est immense. Vous vous rappelez surement de certaines réflexions blessantes. Cultiver la modération dans vos propos. Ce que vous envoyez à l’autre a du poids. Autant vous dire qu’il s’en souviendra. Avec un peu de chance, il vous enverra un retour bien senti à la première occasion. Alors pour éviter les sourires crispés, autant garder pour nous notre opinion sur l’éducation. Seul le danger imminent doit vous sortir de la langue de bois.

N’en faîtes jamais une histoire personnelle. Face à des amis prodiguant une autre éducation, voilà deux représentations mentales du monde bien différentes. Lorsqu’une personne vous fait une remarque aussi négative soit elle, elle ne parle que de l’envoyeur. Par exemple : « Je pense que tu devrais être plus sévère avec ton fils ». Pourquoi le prendre avec agacement ? Intérieurement, vous trouvez peut-être que cette remarque est injustifiée. Cet avis parle des croyances de cette personne, ainsi que de son éducation, ses peurs, ses valeurs, etc. En quoi est-ce une vérité ? Ce n’est que SA vision du monde. Lorsque quelqu’un vous fait une remarque, vous pouvez prendre tout le recul nécessaire car ce n’est pas vous dont il parle, c’est de lui.

Ne faîtes aucune supposition : Un regard de biais et voilà c’est parti pour une cogitation qui vous amène à vous faire croire tout seul que Vanessa, votre meilleure copine, trouve que vous êtes un mauvais parent. Pure création de votre pensée ! Peut-être qu’elle avait une poussière dans l’œil ! Quelque soit la cause de vos suppositions, elles tombent quand même bien souvent loin de la réalité. De quoi pourrir une ambiance amicale jusqu’ici bien agréable. Lorsque vous percevez votre petit vélo dans la tête commençant à créer des suppositions négatives, mettez les 2 mains sur les freins. Stop ! Tout le monde s’en portera mieux.

Faîtes toujours de votre mieux. Les 3 mantras précédents semblent assez simples finalement, mais il n’est pas toujours aisé de les mettre en place. Alors faîtes le maximum pour les respecter et vous vous épargnerez un joli sentiment de culpabilité.

 

A votre enfant directement, vous vous adresserez

Votre ami reprend votre enfant. Aïe, c’est complètement à côté de ce que vous auriez fait ou dit. Evidemment, votre enfant attend une intervention de votre part.

Et action !!!

Votre ami : « Eliott, repose ce bout de pain, ce n’est pas l’heure de manger » Vous autorisez Eliott, quoique tout le monde en pense a le droit de grignoter du pain lorsque il le souhaite  (ah oui Eliott, c’est votre fils dans l’histoire). Alors forcément, il attend votre appui.

Vous : « Mon chéri, Patrick (lui, c’est votre ami) ne sait pas que tu es en pleine croissance et que, lorsque l’on grandit, on peut avoir des petits creux. Alors vas-y, prends ce bout de pain ».

Méthode douce sans aucune agressivité. Peut être un brin lâche me direz-vous, mais au moins, il n’y a pas de confrontations. Eliott prend son bout de pain et Patrick ravale ses remarques sans susceptibilité.

 

Les comparaisons vous balayerez

Qu’elle soit de votre initiative ou que vous soyez le receveur, vous admettrez sans difficulté que ce type de remarque est assez difficile à digérer.

« Le fils de Sophie est beaucoup plus sage lui », « A cet âge, Juliette était déjà propre depuis longtemps », « Ma fille n’a jamais fait de crise de ce genre », « Henri mange de tout, lui ». Vous pourrez, j’imagine, étendre largement cette petite liste de comparaisons possibles. Mea culpa avec tous les parents de mon entourage, je crois bien qu’il m’arrive d’en faire (honnie sois-je, en tant que thérapeute !) et pas plus tard qu’hier. Heureusement, c’était une comparaison positive. Mais ce n’est pas toujours le cas.

Lorsqu’une personne compare votre enfant à un autre, sachez rebondir. En effet, chaque enfant est unique. Mettez en avant cette réalité évidente. Puis observez les qualités de votre enfant qui le rendent si spécial.

« Oui, tu as raison Pablo est plus en avance que Maël dans l’apprentissage de la lecture. Mais chaque enfant est différent. As-tu vu à quel point Maël a le sens du détail dans ses dessins ».

 

Humour, vous brandirez

Parfois, il y a des questions tellement empreintes de jugements qu’il est difficile d’y répondre calmement. Garder bien en tête le mantra n°2 des accords toltèques : ne prenez rien personnellement. Une bonne esquive humoristique suffit généralement pour clouer le bec à votre ami et fermer définitivement le sujet. L’exagération est vraiment un outil formidable pour ça. Attention exemple :

« Il ne devrait pas être couché à cette heure là ? »

« Lui non, il est en pleine forme. En revanche toi tu as l’air fatigué. »

 

 

Il y a de nombreuses techniques de sioux pour garder ses amis au-delà de la naissance des enfants. Et vous, quelles sont les vôtres ?

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