J’ai 33 ans. Visiblement, c’est l’âge où toutes tes copines font leur deuxième enfant. Une ribambelle de marmots en cours de finition ou fraîchement arrivés sur cette terre vient s’ajouter à ma liste d’enfants d’amis.

Je ne connais pas cette expérience, mais j’imagine l’émotion que cela doit être de présenter notre bébé à notre aîné devenu grand frère/sœur. À entendre les parents en parler, cette vision rose poudrée peut être quelque peu obscurci par les réactions de l’aîné. « T’es ma maman à moi », « Quand est-ce qu’on le ramène ?», notre petit tant chéri jusqu’à aujourd’hui ressent ses premiers sentiments de jalousie. Parfois, il devient compliqué, cherchant l’attention par n’importe quelle bêtise. Certains se mettent à avoir des comportements régressifs, explorant à nouveau les joies des pipis au lit ou des biberons.

Bon nombre de patients reçus en cabinet se rappellent encore de ce passage avec un grincement de dents. Cela n’empêche en rien cet amour si particulier qui réside dans une fratrie… mais parfois si ! Malgré les années qui passent, certains gardent un sentiment troublé pour ce frère ou cette sœur qui leur a chipé cette place de favori exclusif. Alors l’enjeu de ces premiers moments de partage, de cette rencontre si particulière est suffisamment important pour prendre le temps de réfléchir à la manière la plus adroite d’accueillir le deuxième enfant au sein de la famille.

 

Mais pourtant, je lui dis que je l’aime toujours autant !

 

Je lisais récemment un article qui comparait l’arrivée d’un deuxième enfant à la venue d’un partenaire supplémentaire pour notre conjoint. « Voilà ma chérie, j’ai une deuxième femme, mais rassures-toi, je t’aime toujours autant. » Je pense que ce genre de discours n’aurait aucun impacte pour adoucir les pensées violentes qui pourraient passer à ce moment-là… Le décor est planté, en lisant ces quelques lignes vous avez probablement pu ressentir pendant quelques instants le caractère brutal de l’émotion de certains aînés. L’exclusivité de l’amour est difficile à perdre, mais cela peut se passer avec beaucoup plus de douceur.

Alors comment éviter la jalousie de l’aîné ?

 

 

Je te promeus jeune Padawan !

 

Devenir grand frère ou grande sœur c’est comme une promotion inattendue au boulot. Cela va impliquer des changements, des routines différentes, de nouveaux interlocuteurs. Il y a des peurs. « Vais-je être à la hauteur ? Oulala j’aimais bien ma zone de confort moi ! » Mais après tout, si on vous a confié ce rôle, c’est que votre hiérarchie vous sent tout à fait capable de gérer tous ces changements !

Votre petit(e) Jedi en herbe  voit peut-être ce qui est chouette dans l’accueil d’un bébé à la maison. Mais peut-être voit-il moins bien en quoi être l’aîné est une bonne nouvelle.

Haut comme 3 pommes, il est le grand et ça, ça donne des autorisations qu’il n’avait pas avant. Réfléchissez à tous ce qu’il va  pouvoir faire de plus. « Tu aimes Tchoupi ? Toi, tu es un grand, quand on est tout petit, on ne peut pas regarder les dessins animés. Maintenant, comme tu es encore plus grand, tu peux regarder 2 Tchoupis d’affilée. ».

Pour vous aidez, je vous invite à télécharger le calendrier de l’avent « devenir grand frère/sœur ».

 

 

Faîtes bonne presse au petit nouveau.

 

« Maman est fatiguée », « Quand le bébé sera né, je te préviens, il pleurera beaucoup »… Il a quand même l’air d’un sacré enquiquineur ce bébé ! Evidemment, la grossesse présente certaines contraintes. Il ne s’agit pas de les cacher. Vous n’allez pas vous mettre à le porter alors que votre état ne le permet pas. Soyez créative et détournez l’élément perturbateur. « Tu as tellement grandi que je ne peux plus te porter ».

Si bébé est déjà né, laissez votre aîné vivre le moins de contraintes possibles liées à cette naissance. Oui, bien sur, il a le droit de parler fort quand bébé est couché. Oui, bien sur, il a le droit de passer des moments seul avec vous. Evidemment, il a le droit d’avoir votre attention pour vous montrez sa dernière cascade. En revanche, si vous ne pouvez pas là, maintenant, offrez-lui ce temps dédié dès que vous le pouvez.

 

 

N’en parlez pas tout le temps.

 

Votre entourage ne pourra pas s’en empêcher « Alors tu vas être grande sœur, il faudra être gentille avec le bébé ». Cette petite phrase anodine va être répétée dans toutes ses variations avec chaque personne que vous croiserez. Alors à la maison, soyez légers dans vos échanges sur futur-bébé. Il n’a pas besoin de prendre toute la place, il n’est même pas encore né. Vous êtes peut-être surexcité avec un grand besoin de vous projetez dans cette famille agrandie, mais pause ! Le bon rythme est probablement celui que votre enfant vous donne. Il vous pose des questions, répondez-lui. S’il n’en pose pas, il est inutile de les devancer.

 

 

Faîtes le participer.

 

Pendant la grossesse, demandez-lui son avis sur la couleur de la chambre. Son opinion compte, après tout, c’est un grand. Allez faire certains achats avec lui. Peut-être qu’il peut choisir lui-même le futur doudou.

Dès que bébé sera là, il est important que votre aîné se sente inclus dans votre relation avec lui.  « Ne t’approches pas trop près », « Non, tu ne peux pas le toucher, il est trop fragile ». Je ne sais pas vous mais moi, quand c’est interdit, ça me rend vachement curieuse. Alors au lieu de le mettre à l’écart, laissez-le être présent sous surveillance et donnez lui des tâches. Selon son âge, s’il en a envie, il peut donner le biberon, lui enfiler ses chaussons, ou simplement aller chercher son bavoir. Il va se sentir valoriser dans son nouveau rôle. Complimentez-le, mais pas uniquement pour ce sujet-là.

 

 

Ne le faîtes pas tout partager.

 

« Chéri, prête-lui ta peluche. Mon enfant doit savoir tout de suite qu’il n’est pas le centre du monde et doit partager ses jouets ! » Le partage est une belle valeur certes, mais il partage déjà sa maison, ses parents, peut-être même sa chambre, tous ses piliers en fait. Il serait peut-être mieux d’y aller en douceur. Le nouvel arrivé pourrait peut-être donner l’exemple. « Bébé a eu cette peluche en cadeau, veux-tu qu’il te la prête ». En inversant l’initiateur du partage, l’apprentissage sera beaucoup plus facile et acceptable.

 

 

Regardez des photos de lui bébé.

 

Ma fille a beau avoir 10 ans, elle aime encore que je lui répète toutes ces petites anecdotes de son jeune âge. Mais surtout, elle aime regarder les photos où elle est la STAR. 1e bain, 1sourire, 1ere compote etc… Sortez vos albums et montrez-lui au combien il a reçu une attention particulière en tant que bébé unique. Complimentez-le, dîtes-lui à quel point c’était un beau bébé. Peut-être que vous avez gardez les cartes de félicitations reçues pour sa naissance. En voyant que lui aussi il a eu « son moment de gloire », il acceptera surement plus facilement que l’attention se porte sur bébé.

 

 

Laissez-le régresser.

 

Retour des couches ou des biberons sont loin d’être rare chez un enfant encore petit qui devient l’aîné. Il redevient pendant quelques semaines comme ce bébé qui attire l’attention de tout le monde. C’est une évidence, cela ne durera pas. Plus vous le forcerez à se comporter comme un grand, moins il en aura envie. Laissez-le faire, ça lui passera. Il vit plein d’émotions difficiles. Alors parlez-lui avec bienveillance et n’ayez aucun jugement sur ces comportements régressifs.

 

 

 

Chacun d’entre vous aura ses propres techniques. Quelque soient les choix que vous poserez, les choses se mettront en place doucement. Vous êtes la personne qui connaît le mieux votre aîné alors faîtes vous confiance et laissez-le vous guider sur l’attitude à adopter.

 

 

 

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